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Tendance psycho... drame

Tendance psycho... drame
Édito 252
Delphine HENRIET
Delphine HENRIET

Ecouter son corps

22 Novembre 2016
Le vocabulaire psy a envahi nos vies. On détourne même les noms de certaines pathologies psychiatriques graves pour qualifier un comportement anodin, qu’il soit le sien ou celui d’une autre personne. Parmi les termes employés de manière excessive, psychopathe, schizophrène et masochiste tiennent le haut de « l’entonnoir ». Pour rappel, psychopathe désigne une personne  antisociale, qui agit de de manière impulsive pour détruire psychologiquement et/ou physiquement un autre individu. Un schizophrène est quelqu’un qui alterne une humeur dépressive et euphorique, tout en ayant des comportements anormaux : hallucinations, langage délirant, conduite incohérente, liés à la dislocation de sa propre personnalité. Quant au masochiste, c’est quelqu'un qui recherche les situations où il souffre, est mal ou en difficulté. Bref, autant vous dire et fort heureusement aussi que nous ne sommes ni psychopathes, ni schizophrènes, ni masochistes… dans la plupart des cas.

D’où la naissance d’expressions décalées façon « être psychopathe des cheveux » quand on en prend grand soin, « virer schizo » en matière de soin du visage quand il faut choisir entre un kobido et une Kinéplastie, « devenir maso » dans sa pratique du yoga pour parler d’assiduité.

Mais pourquoi cet excès de langage ? Parce que le psy s’est démocratisé. De Woody Allen qui met en scène ses séances sur le divan, au succès de Psychologies Magazine, en kiosque, au recours à un psy pour tout et parfois rien, le psy est tendance. Et parce qu’en tant qu’Occidentaux, nous sommes des cérébraux qui cogitons, ruminons… bref psychotons. D’où la nécessité, parfois, de se soigner l’âme. Et loin de moi l’idée de condamner cet état de fait et de fond du moment, qui peut faire du bien, aider à mieux vivre.

Reste que même si tout le monde ne s’allonge par sur le divan, nous prenons grand soin de notre esprit, à défaut bien souvent de notre corps. Or, il se trouve que ce dernier est beaucoup plus fin, éveillé et connecté à notre esprit que nous le sommes nous. Souvenez-vous : le corps nous parle, le corps a sa raison, le corps a sa mémoire…

Moralité, écoutons notre corps, prenons-en soin sans culpabilité (ce sentiment de faute, réelle ou imaginaire, ressenti par un sujet), un autre gros mot à la mode psy qui ne devrait pas avoir droit de citer en matière de soin de soi.

Quant à moi, je veux bien être taxée de psychopathe des cheveux avec mon rendez-vous hebdomadaire chez le coiffeur (à minima), schizophrène côté massage dans mes hésitations entre Tui Na et réflexologie, et masochiste en aquabiking avec mes 2 voire 3 séances hebdomadaires. Pas vous ?

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.
Soins