La force de l'eau

Édito 166

Delphine HENRIET
Même pas mâle !
30 Septembre 2014
La semaine dernière, j’ai discuté avec ma coach d’aquabiking, en attendant les dernières arrivantes. Nous ne sommes pas toujours en effectif 100% féminin, mais comme je venais de croiser quelques (rares) spécimens masculins sortants, je l’ai interrogée sur ces messieurs. Après tout, l’homme est peut-être l’avenir de l’aquabiking ?
Avant de plonger dans le vif du sujet, je tiens à préciser que l’aquabiking est effectivement pratiqué en majorité par des femmes, hors rééducation post-opératoire. Je n’en doutais pas après toutes ces séances à pédaler, sans l’ombre (ou quasi) d’un homme, et je me le suis vu confirmer. Mais là où le bât blesse, c’est que ce manque d’affinité pour l’aquabiking, de la part de la gente masculine, est nourrie par de mauvaises raisons : les hommes ont un a priori négatif pour cette pratique, ce sport, pas assez physique selon eux. Ça, c’est ce qu’ils affirment sans avoir essayé. Or, laissez-moi vous raconter…
L’homme, ou l’être masculin, s’imagine qu’un cours d’aquabiking c’est un peu comme une séance d’aquagym, version senior, en cure thermale. C’est-à-dire plan-plan. Et attention, je n’ai rien contre l’aquagym, les seniors et les cures thermales. Je les défends même tous les trois, et surtout tous les trois ensemble ! Sans verser dans les poncifs, la gente masculine pense que sans sueur, sang, ni douleur, point de mérite côté pratique physique. Comme l’ombre d’un Péplum…
D’où certaines femmes de mon cours d’aquabiking, agacées par le peu de discernement de leur homme, leur mépris, alors même qu’elle redessine leur corps à vitesse grand V, leur ont dit : « Tu n’as qu’à essayer… » Piqués dans leur orgueil, certains ont dit : « Oui. » Et moi je les ai vus en mouvement, suer sang et eau, pas très fiers en en sortant... « la queue entre les jambes. »
Imaginez le mâle, sûr de lui, du moins le croyait-il au départ, entouré d’une brochette de poulettes sur leur vélo et d’une coach tout sourire. Tel le loup solitaire ou le coq dans « son » poulailler, il se dit qu’il va n’en faire qu’une bouchée : de la prof, des participantes, du vélo, de la force de l’eau… Ça, c’est ce qu’il se disait avant que le cours ne commence. Mais au bout de dix minutes, il crache déjà ses poumons, s’accroche à son guidon comme un pauvre hère alors qu’il faut contracter les abdos, serrer les fessiers, verrouiller le haut du corps… Il compense et se met même à parler tout haut, non pas pour demander de l’aide, mais pour changer de registre et détendre l’atmosphère en mode séduction, demander la paix en hissant le drapeau blanc pour que cela s’arrête. Et quand en plus, on a une coach comme la mienne, toujours derrière nous pour qu’on soigne ses postures, il se fait tout petit. Bref et vous l’aurez compris, l’homme est largué comme les amarres, prend l’eau, pendant que son épouse pédale crânement car « même pas mâle »…
La suite n’appartient qu’à eux, mais une chose est sûre : l’aquabiking, c’est du sport, qui sculpte tout corps plongé dans un liquide !
Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.
Avant de plonger dans le vif du sujet, je tiens à préciser que l’aquabiking est effectivement pratiqué en majorité par des femmes, hors rééducation post-opératoire. Je n’en doutais pas après toutes ces séances à pédaler, sans l’ombre (ou quasi) d’un homme, et je me le suis vu confirmer. Mais là où le bât blesse, c’est que ce manque d’affinité pour l’aquabiking, de la part de la gente masculine, est nourrie par de mauvaises raisons : les hommes ont un a priori négatif pour cette pratique, ce sport, pas assez physique selon eux. Ça, c’est ce qu’ils affirment sans avoir essayé. Or, laissez-moi vous raconter…
L’homme, ou l’être masculin, s’imagine qu’un cours d’aquabiking c’est un peu comme une séance d’aquagym, version senior, en cure thermale. C’est-à-dire plan-plan. Et attention, je n’ai rien contre l’aquagym, les seniors et les cures thermales. Je les défends même tous les trois, et surtout tous les trois ensemble ! Sans verser dans les poncifs, la gente masculine pense que sans sueur, sang, ni douleur, point de mérite côté pratique physique. Comme l’ombre d’un Péplum…
D’où certaines femmes de mon cours d’aquabiking, agacées par le peu de discernement de leur homme, leur mépris, alors même qu’elle redessine leur corps à vitesse grand V, leur ont dit : « Tu n’as qu’à essayer… » Piqués dans leur orgueil, certains ont dit : « Oui. » Et moi je les ai vus en mouvement, suer sang et eau, pas très fiers en en sortant... « la queue entre les jambes. »
Imaginez le mâle, sûr de lui, du moins le croyait-il au départ, entouré d’une brochette de poulettes sur leur vélo et d’une coach tout sourire. Tel le loup solitaire ou le coq dans « son » poulailler, il se dit qu’il va n’en faire qu’une bouchée : de la prof, des participantes, du vélo, de la force de l’eau… Ça, c’est ce qu’il se disait avant que le cours ne commence. Mais au bout de dix minutes, il crache déjà ses poumons, s’accroche à son guidon comme un pauvre hère alors qu’il faut contracter les abdos, serrer les fessiers, verrouiller le haut du corps… Il compense et se met même à parler tout haut, non pas pour demander de l’aide, mais pour changer de registre et détendre l’atmosphère en mode séduction, demander la paix en hissant le drapeau blanc pour que cela s’arrête. Et quand en plus, on a une coach comme la mienne, toujours derrière nous pour qu’on soigne ses postures, il se fait tout petit. Bref et vous l’aurez compris, l’homme est largué comme les amarres, prend l’eau, pendant que son épouse pédale crânement car « même pas mâle »…
La suite n’appartient qu’à eux, mais une chose est sûre : l’aquabiking, c’est du sport, qui sculpte tout corps plongé dans un liquide !
Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.