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La vague du tatouage

La vague du tatouage
Édito 188
Delphine HENRIET
Delphine HENRIET

Histoire d'encre

7 Avril 2015
Nul besoin d’être au fait de tout ce qui se passe sur la planète « in » pour savoir que le tatouage est tendance. Si un salon vient de lui être consacré à Paris, le Mondial du tatouage pour être précise, il suffit de lire la presse pour s’en persuader. Des people qui posent en exhibant leurs marques de fabrique, aux mannequins désormais tatoués, aux reportages expliquant le phénomène, aux bancs d’essai, entre définitif et éphémère, jusqu’aux courriers des lecteurs. Dans ces derniers des parents appellent à l’aide car leur fille de 16 ans veut se faire tatouer, ou parce que leur fils, mineur, est passé à l’acte à l’insu de leur plein gré, ou encore parce que leur enfant est devenu addict aux tatouages, en est recouvert, quasi méconnaissable. Et croyez-moi je ne force même pas le trait… d’encre.

Dans la vie de tous les jours, on découvre aussi un bout de peau marquée par ci par là. Prenez les coachs et les sportifs, notamment en milieu aquatique, ils ont quasi tous un tatouage pour accessoiriser leur corps en maillot de bain, à l’exception des adeptes de la natation synchronisée. Pour le coup … de crayon, il risquerait de faire « tache » en compétition.

Mais parlons chiffres…
Aujourd’hui, en France, 10% de la population serait tatouée et 20% dans la tranche d'âge des 25-34 ans. Cela situe mon propos. Mais alors, pourquoi tant d’encre coule-t-elle sur nos corps ? L’attrait masochiste de la pratique existe. Le corps que l’on s’approprie en le marquant, en le martyrisant même, peut être sécurisant. Son « culte » ou simplement le fait de l’assumer galvanise ou renforce certains esprits : je suis tatoué donc je suis. Et le narcissisme qu’il induit est un dérivatif recherché : je marque mon corps, mon enveloppe, ma bulle. Le prétexte d’un retour aux sources est également avancé, notamment par les jeunes générations. Idem d’ailleurs pour la quête de sens que l’on retranscrit en marquant sa peau.

A ce propos, la seule certitude que nous ayons aujourd’hui est que l’origine des tatouages remonte à la préhistoire. Quant à son pourquoi, personne ne l’explique mais chaque mythe rivalise d’attrait. Une chose est sûre, si le tatouage était autrefois réservé aux milieux populaires voire aux marginaux, cela n’est plus le cas aujourd’hui, que les tatoués s’appellent Anjelina Jolie, Scarlett Johansson, David Beckham…

Ce qui m’étonne (et je ne suis pas la seule d’ailleurs), c’est que face à cette clientèle « nouvelle », exigeante et certainement en quête aussi de soins spécifiques pour en prendre soin, aucun institut de beauté, spa… n’a développé de rituels dédiés, du moins pas à ma connaissance. De nombreux espaces proposent le maquillage semi-permanent ou la micro-pigmentation, sorte de tatouage, mais rien pour accompagner dans le temps cette marque sur la peau.
Je jette une bouteille à la mer pour tous les tatoués de la Terre…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.