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La saison des régimes

La saison des régimes
Édito 49
Delphine HENRIET
Delphine HENRIET

Dukan remet le couvert

10 Janvier 2012
Ne vous méprenez pas, je ne vais aucunement vous exhorter à faire un régime de début d’année, histoire de passer à l’attaque des kilos en trop (réels ou imaginaires) et des résolutions de janvier. A ce propos d’ailleurs, c’est fou comme le nombre de joggeurs a explosé le week-end dernier ! Ce que j’ai remarqué en me baladant dimanche, dans un parc qui se prête à l’exercice. Comme quoi, les résolutions ont la vie dure. Quant à être tenues…
Mais revenons à mon premier propos.

Ayant mis le doigt dans le pot de confiture des régimes (Cf. L’édito du 13 décembre : « Cadeau, choco, kilo, bobo… »), je vous devais ces quelques lignes. Vous connaissez mon point de vue sur les programmes minceur d’avant les fêtes. Il vaut également pour les autres rendez-vous annuels : après les fêtes, printemps, belle ou beau en maillot, rentrée légèreté…, qui a défaut d’être des exhausteurs de goût sont surtout un boulevard pour l’effet yoyo.
Comprenez bien qu’il ne s’agit pas de bannir le mot régime, car nous en avons toutes et tous fait au moins un dans notre vie (après une grossesse…). Mais les méthodes extrêmes, si. Qu’elles soient tout ci, tout ça, en un temps chrono… Une fois arrêtées, elles nous laissent bien seul(e), nous et nos mauvaises habitudes alimentaires. Et ce, malgré le concept marketing rassurant de la phase d’attaque et de la phase de stabilisation, qui très vite enclenche la phase de renonciation. Les experts en la matière, « sérieux » et désintéressés, semblent aujourd’hui d’accord sur le fait qu’un régime trop restrictif donc impossible à tenir à long terme, inadapté à la nature et au rythme de vie de la personne qui le suit sera comme un coup d’épée dans l’eau avec la promesse de kilos en plus, en cerise sur « la balance ».

Nous avions fait un pas en avant dans l’appréhension sérieuse, durable, saine… des régimes jusqu’à ce que l’un des chantres des régimes hyperprotéinés (aujourd’hui remis en cause), Pierre Dukan, en recul semble-t-il en terme d’aura, de diffusion de ses ouvrages et malmené par quelques affaires récentes, ne jettent un pavé dans la mare avec une « Lettre ouverte au futur président de la République ». Moi qui croyais en avoir terminé avec la viande de s G rison s (en plein boom), le surimi à toutes les sauces, le son d’avoine… que je trouve même (le son d’avoine) dans les linéaires de mon pharmacien aux côtés des coffrets cadeaux Dukan à offrir au troisième degré, à votre meilleur ennemi ou à votre belle-mère adorée, Dukan revient en force. Non pas avec un régime, mais pire : une option « poids d’équilibre » au bac. Non vous ne rêvez pas ! Exit le dessin, le latin… pour gagner quelques points, place à l’IMC (Indice de Masse Corporelle) qui , une fois n’est pas coutume , d evra être compris entre 18 et 25.

M ais n’entrons pas trop dans le jeu de Dukan. Car sous couvert d’un surpoids avéré en France, qui toucherait quand même 22 millions de français (1/3 de la population), et d’un altruisme calculé, le Dr Dukan ratisse large : Maman, Papa… et maintenant les enfants ! Tout ce battage médiatique pour enrayer sa perte de poids auprès du public, engranger des kilos de nouveaux adeptes… et de bénéfices ? Cela y ressemble.
Or le qui perd (des kilos) gagne (des points au bac) peut faire des dégâts auprès des adolescents, adultes en construction et sous influence, dois-je le rappeler.

Laissons les adolescents passer leur bac d’abord !

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.