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« Dope zone »

« Dope zone »
Édito 162
Delphine HENRIET
Delphine HENRIET

Pour les athlètes du quotidien

2 Septembre 2014
Ravie de vous retrouver côté soins, après des vacances qui vous auront permis de décompresser, de changer d’air, de vous ressourcer. De mon côté, avant de boucler mes bagages, j’ai regardé une émission TV sur le dopage. Pas celui « communément » pratiqué dans le milieu sportif mais celui de Monsieur Tout-le-monde ou « l’athlète du quotidien ». Ce dernier terme fut longtemps utilisé par une marque d’eau minérale, pour nous, consommateurs, nous qualifier dans notre vie de tous les jours. Catalogage choisi et apprécié !

Mais revenons au dopage du quidam, phénomène avéré, inquiétant et malheureusement précoce.

En effet, sous couvert d’améliorer les capacités de concentration et de mémorisation de nos enfants, les potions magiques ne manquent pas dans les rayons des pharmacies, parapharmacies, magasins bio… Le tout achetable sans ordonnance, naturellement et heureusement aussi. Quelle « bonne mère » peut lutter contre les sirènes du mieux, du meilleur, du plus… pour son enfant ? Les voies de la performance sont impénétrables et commencent dès le berceau à coup de comparaisons quasi-publicitaires pour s’assurer (et se rassurer) que son nouveau-né est déjà au-dessus de la moyenne. Aussi, donner des vitamines pour du tonus, de l’énergie, de la performance… avec, en plus en filigrane, la promesse de faire de sa tête blonde un être plus docile, plus attentif, en un mot plus adulte alors qu’il est à l’âge tendre, c’est déjà une forme de dopage. Et je vous passe le cas du Ritaline ou cocaïne de l’enfant, qui est prescrit en cas d’hyperactivité.

Quant au dopant le plus communément ingéré, c’est le café, qu’il soit bu en excès à raison d’une vingtaine de tasses par jour comme certains pêcheurs bretons pour tenir le cap ou ingéré en mode concentré dans le Coca Cola, le Red Bull, le Guronsan… Et là, adultes, ados, étudiants… tout le monde ou presque en prend. Reste le dosage… Après la 5ème tasse, on est dopé ! Effet placebo ou pas, pour s’en assurer, il suffit d’essayer le sans caféine ou le décaféiné pour s’en convaincre.

Si le café c’est déjà « fort de café », d’autres substances beaucoup plus « nuisibles » ont fait leur entrée dans l’armada des « performeurs », notamment la cocaïne. Autrefois reine de la nuit et « prisée » des people et des traders, elle a désormais ses entrées dans le monde du BTP, de la restauration, de l’hôtellerie… bref dans les métiers dits « physiques », et est devenue un outil de travail. Son prix, tout comme sa qualité, a même chuté depuis 1990, passant de 150€ le gramme, à 80€ en 2000 et 60€ aujourd’hui.

Côté statistiques, toujours très parlantes, 12% à 18% des salariés français se dopent dont 25% de cadres, et 20% des étudiants, le tout sous couvert d’individualisme, de normatif, de performance… Sus à l’originalité et à la baisse de régime !

Si le tableau dépeint est plutôt noir, le mois de septembre est surtout le moment idéal pour réagir et ne pas sombrer dans les affres du dopage à la petite semaine, infiniment nocif à long terme. Pour cela, on n’a jamais trouvé mieux qu’une alimentation saine, équilibrée et de saison. Ajoutons à cela une dose d’activité physique, un soupçon de nuit réparatrice, une rasade de rire quotidien… et des soins régulièrement.

C’est la rentrée, terre de bonnes résolutions, du raisin et des Reines des reinettes, alors soyons à l’écoute de notre corps pour qu’il nous le rende bien naturellement…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.